Appel à communication : La parole du pouvoir. Les princes de la maison de Savoie et l’usage des langues (XIIIe-XVIIIe siècle). Colloque international organisé dans le cadre du projet HALA. Chambéry – Turin (12-15 octobre 2022)

La problématique des politiques linguistiques conduites par les pouvoirs médiévaux a déjà fait l’objet de plusieurs études publiées durant la première décennie du XXIe siècle. On peut citer la monographie de S. Lusignan sur «La langue des rois» (2004), la mise au point de T. Brunner sur le passage du latin aux langues vernaculaires dans la documentation administrative (2009) ainsi que les contributions de deux colloques organisés tous deux en 2003 et publiés en 2005, consacrés respectivement à « La langue des actes » et à « La résistible ascension des vulgaires»[1].

Le colloque « La parole du pouvoir » entend examiner ces thématiques de politique linguistique en les situant dans un cadre territorial précis et une perspective de longue durée. Bénéficiant d’une excellente tradition archivistique désormais bien explorée, les États de Savoie nous apparaissent comme particulièrement pertinents pour une telle étude de cas ; ils n’ont pour l’instant été que très peu étudiés dans cette perspective, si l’on excepte quelques articles[2]. Situées de part et d’autre des Alpes occidentales, ces régions ont été soumises dès le XIe siècle à l’action unificatrice des comtes (puis ducs) de Savoie qui a débouché au XVe s. sur un État princier, élevé ensuite à la dignité royale au début du XVIIIe s. en tant que royaume de Piémont-Sardaigne.

Cette longue construction territoriale a englobé des populations très hétérogènes sur les plans linguistique et culturel, alors même que l’administration employa pendant très longtemps le latin ; par ailleurs, les ambitions européennes de la dynastie la mirent en contact avec des univers linguistiques divers et parfois lointains. Ces caractéristiques sont à la base des trois axes principaux du colloque.

 Les questions sont nombreuses et il n’est pas certain qu’il soit possible de trouver à chaque fois des réponses précises. Pour éviter une trop grande dispersion des interventions, nous souhaiterions que les interventions s’insèrent dans au moins un des trois axes exposés ci-dessus ; elles pourront développer un point précis ou aborder une question plus large et déjà connue, mais sous l’angle nouveau et spécifique du langage.

Toute personne intéressée à faire une communication est invitée à envoyer d’ici le 15 octobre 2021 un titre avec une brève présentation (10–15 lignes) à bernard.andenmatten@unil.ch, Jean-Louis.Gaulin@univ-lyon2.fr et laurent.ripart@univ-smb.fr

Conditions pratiques : le colloque aura lieu à Chambéry (12 et 13 octobre 2022) puis se déplacera à Turin (14 et 15 octobre 2022) ; les organisateurs souhaitent que les congressistes puissent se libérer pour assister à l’ensemble de ces 4 journées et participer à l’ensemble des discussions. Les frais de transport, de logement et de restauration seront pris en charge par les organisateurs. Les actes du colloque seront publiés.

[1] S. Lusignan, La langue des rois au Moyen Age. Le français en France et en Angleterre, Paris, 2004 ; T. Brunner, « Le passage aux langues vernaculaires dans les actes de la pratique en Occident », dans Le Moyen Age, t. CXV (2009/1), p. 29-72 ; La langue des actes. Actes du XIe Congrès international de diplomatique (Troyes, 2003), accessible sous http://elec.enc.sorbonne.fr/CID2003/; La résistible ascension des vulgaires. Contacts entre latin et langues vulgaires au bas Moyen Age, Problèmes pour l’historien, dans Mélanges de l’École française de Rome. Moyen Age, t. 117/2 (2005), p. 447-718, accessible sous https://www.persee.fr/issue/mefr_1123-9883_2005_num_117_2.

[2] G. Mombello, « Français et langue locale à la cour de Savoie au XVe siècle (fin du XIVe-début du XVIe siècle) », dans S. Cigada et A. Slerca éd., Le Moyen Français : recherches de lexicologie et de lexicographie. Actes du VIe Colloque international sur le moyen français, Milan 4-6 mai 1988, vol. I, Milan, 1991, p. 201-237 ; J.-L. Gaulin, « Latin et vernaculaire dans les écritures administratives de la principauté de Savoie. L’exemple des comptes généraux du XIVe siècle », dans Médiévales, t. 75 (automne 2018), p. 11-26.

[3] H. Carles et M. Glessgen, « L’élaboration scripturale du francoprovençal au Moyen Âge », Zeitschrift für romanische Philologie, 135/1 (2019), p. 68-157.